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Société

Un Français nostalgique de la période où il était encore nostalgique de quelque chose

La nostalgie, disent certains, c’est souffrir de la proximité du lointain. Mais que faire quand ce lointain est si loin qu’on ne s’en souvient même plus ? C’est la douloureuse histoire d’Arnaud, 65 ans, qui, à l’approche du second tour de l’élection présidentielle, se dit incapable d’être nostalgique de quoi que ce soit dans son pays pour la première fois en 50 ans.

Publié le

 mar 


 

« Avant je n’arrêtais pas de répéter “C’était mieux avant”, “Tous des pourris” ou encore “On était mieux en 40”… C’était le bon temps ! », confesse-t-il accoudé au bar de La Gueule Blanche, son troquet favori où il regarde le soir tomber. Le visage buriné, les traits tirés et les tempes grisonnantes, celui que ses amis surnomment « L’artiste » a la voix qui tremble lorsqu’il évoque ses années de jeunesse.

« Dans les années 80 – 90, je passais mon temps à râler devant ma TV, à gueuler après les impôts et les politiques en regrettant les années Giscard », raconte-t-il, des trémolos dans la voix. « Et, le soir, avec les copains Fanfan, Arloupe, et Mégard on partait faire les 400 coups en ville, on arrachait leurs affiches en chantant “Rendez-nous le Général” ! Aujourd’hui, c’est fini, ils sont tous partis… », ajoute-t-il le dos voûté en trempant ses lèvres dans son verre de pastis.

À l’approche du second tour de l’élection présidentielle, « Nonard », d’habitude si prompt à regretter le passé, manque de repères et se sent désemparé. « Aujourd’hui j’aimerais bien continuer à râler, à me plaindre en disant qu’avec un nouveau président ce sera encore pire qu’avant mais, avec Sarko et Hollande, c’est devenu difficile : je ne vais quand même pas me mettre à regretter des types pareils ! », explique-t-il en rangeant sa bouteille de pastis pour attaquer une bouteille de bourbon au goulot.

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